Cigarettes électroniques : une étude confirme qu’elles aident à arrêter de fumer
Les cigarettes électroniques avec nicotine aident plus les fumeurs à arrêter de fumer que les substituts nicotiniques classiques, comme les patchs ou les gommes. C’est la conclusion d’une nouvelle étude Cochrane, publiée le 26 août 2026. Elle rassemble 80 essais et près de 30 000 participants. Les preuves sont jugées solides mais des questions restent sans réponse sur les effets à long terme de la cigarettes électroniques sur les fumeurs.
L’étude
est baptisée Electronic cigarettes for smoking cessation. Elle
est dirigée par Nicola Lindson, de l’université d'Oxford et réunit 80 essais
randomisés et 29 861 participants. Neuf essais sont nouveaux dans cette version
de l’étude. Le but des chercheurs : savoir si la cigarette électronique aide
les fumeurs adultes à arrêter durablement. Ils l’ont comparée aux substituts
nicotiniques, aux cigarettes électroniques sans nicotine et à l’absence de
traitement.
Le
résultat le plus solide concerne la comparaison avec les substituts
nicotiniques et à ce niveau les preuves sont de haute qualité. Le risque
relatif d’arrêt du tabac est de 1,61 (intervalle de confiance à 95 % : entre
1,23 et 2,12). Ce résultat vient de 11 études, soit 4 114 participants. En
chiffres simples : environ 6 personnes sur 100 arrêtent de fumer avec un
substitut nicotinique. Avec une cigarette électronique nicotinée, ce chiffre
monte à environ 10 sur 100. La différence : environ quatre personnes de plus
sur 100 arrêtent de fumer.
Ce
chiffre est important. Il permet d’éviter un raccourci trompeur : dire que la
cigarette électronique « double les chances » d’arrêter. En réalité, un risque
relatif de 1,61 veut dire une hausse de 61% des chances d’arrêt, par rapport
aux substituts. Cela ne signifie pas que deux fois plus de fumeurs arrêtent.
L’étude
compare aussi les cigarettes électroniques avec nicotine à celles sans
nicotine. Le risque relatif est de 1,44. Ce résultat est moins certain que le
précédent. En pratique, environ deux personnes de plus sur 100 arrêteraient de
fumer grâce à la nicotine. Le niveau de certitude est jugé moyen.
Enfin,
comparée à l’absence de soutien ou à un accompagnement seul, la cigarette
électronique nicotinée fait aussi mieux. Le risque relatif est de 1,75
(intervalle de confiance : 1,39 à 2,20). Ce résultat vient de 11 essais et 7
214 participants. En chiffres absolus : environ deux arrêts de plus pour 100
personnes. Mais ce résultat est moins fiable : les auteurs jugent la certitude
des preuves faible, à cause de biais possibles dans les études.
Une
efficacité confirmée, mais des incertitudes sur le long terme
L’étude
ne trouve pas de différence claire sur les effets indésirables entre cigarette
électronique nicotinée et substituts nicotiniques. Les effets graves restent
rares dans tous les groupes. Mais attention : Cochrane ne dit pas que la
cigarette électronique est sans danger. Les auteurs n’ont pas trouvé de preuve
de dommage grave à court terme. Mais ils demandent des études plus longues,
avec plus de participants, pour mieux connaître les risques.
Les
effets secondaires les plus fréquents sont : irritations de la bouche ou de la
gorge, maux de tête, toux et nausées. Ils diminuent souvent avec le temps. L’étude
a aussi des limites. Sur les 80 essais analysés, seuls 12 ont une bonne qualité
méthodologique. 41 essais ont un risque élevé de biais. Les autres ont un
risque incertain.
Cela
ne veut pas dire que les résultats principaux sont faux. Mais la qualité varie
beaucoup d’une étude à l’autre. Pour la comparaison la plus importante, celle
avec les substituts nicotiniques, le niveau de certitude reste élevé.
Autre
limite : on manque de données sur le long terme. Le suivi des fumeurs, dans les
essais, dure souvent peu de temps. Or le vapotage peut durer des années. On ne
sait pas encore si les personnes qui arrêtent de fumer grâce à la cigarette
électronique arrêtent aussi, ensuite, de vapoter.
L’étude ne dit pas que la cigarette électronique est la meilleure solution pour tout le monde. Elle montre qu’elle est une option de plus pour arrêter de fumer, utile pour les personnes qui n’ont pas réussi avec d’autres méthodes.
Des
résultats à lire au-delà du slogan
Cette
nouvelle étude Cochrane confirme donc l’intérêt des cigarettes électroniques
nicotinées pour arrêter de fumer. Le chiffre le plus solide : 10 arrêts sur 100
avec la cigarette électronique nicotinée, contre 6 sur 100 avec les patchs ou
les gommes. Soit environ quatre arrêts de plus sur 100.
Les
auteurs rappellent un point essentiel : être efficace pour arrêter de fumer ne
veut pas dire être sans risque. Le tabac reste bien plus dangereux. Mais
vapoter expose quand même à la nicotine, et à d’autres substances.
Pour
les chercheurs, l’objectif est clair : aider les fumeurs à quitter les
cigarettes classiques, tout en continuant à étudier les effets d'un usage
prolongé de la cigarette électronique.
L’étude,
publiée dans le Cochrane Database of Systematic Reviews, sera mise à
jour au fur et à mesure des nouvelles données. Les auteurs demandent des essais
plus longs avec une population plus grande, pour mieux mesurer les effets
secondaires et les conséquences du vapotage sur plusieurs années.