Cette vidéo d’une opération héliportée contre des orpailleurs n’a pas été tournée en Côte d’Ivoire
Une vidéo montrant des hélicoptères intervenant contre un site d’orpaillage illégal circule sur les réseaux sociaux. Plusieurs publications affirment qu’elle montre une opération menée en Côte d’Ivoire. Mais ces images ont été diffusées avant leur apparition dans ces publications ivoiriennes. La vidéo renvoie à une opération menée dans la région amazonienne, à la frontière entre le Brésil et la Guyane française.
La vidéo qui circule depuis le 21 août
2026 sur des pages et comptes basés en Côte d’Ivoire montre des hélicoptères
survolant puis intervenant sur un site d’orpaillage illégal. Elle est largement
partagée sur Facebook,
X et TikTok,
accompagnée d’affirmations selon lesquelles, les images auraient été tournées
en Côte d’Ivoire. Ces différentes vidéos ont été partagées des centaines de fois
comme ici sur TikTok.
La vidéo datant de fin juillet 2026
Une recherche d’image inversée permet de
retrouver des occurrences de la vidéo sur internet dès la fin du mois de
juillet 2026, avant sa diffusion dans les publications la présentant comme une
opération ivoirienne.
La séquence a notamment été publiée par
un média brésilien (ac24horas) le 30
juillet 2026. Sous le titre en portugais « Helicópteros surpreendem
garimpo ilegal na fronteira entre Amapá e Guiana Francesa » (Des
hélicoptères surprennent une exploitation minière illégale à la frontière entre
l'Amapá et la Guyane française), le média présente la vidéo comme
montrant une opération contre un site de « garimpo ». Ce terme
est utilisé au Brésil pour désigner les exploitations minières illégales notamment
aurifère. Ces exploitations pullulent dans la région située à la frontière
entre l’État brésilien de l’Amapá et la Guyane française.
Un autre média brésilien (Portal Tucumã), a aussi partagé la même vidéo le 30 juillet 2026 sur Instagram et Facebook indiquant également dans la description que la vidéo a été enregistrée à la frontière entre le Brésil et la Guyanne française.
Plusieurs autres comptes sur les réseaux
sociaux (ici
et ici)
ont ensuite repris la même vidéo en indiquant que l’opération s’est déroulée à
la frontière entre le Brésil et la Guyane française. Toutes ces publications
datent de fin juillet 2026 ce qui confirme que la vidéo ne constitue pas une
séquence nouvellement tournée en Côte d’Ivoire au moment où elle a commencé à y
circuler.
La lutte contre l’orpaillage illégal est
effectivement menée des deux côtés de la frontière franco-brésilienne. Côté
Guyane, l’armée française mène notamment l’opération
Harpie contre l’orpaillage illégal. Le ministère français des Armées a
ainsi documenté une opération
héliportée menée le 29 juin 2026 dans l’ouest de la Guyane, aux abords de
Grand-Santi. Une vingtaine de militaires et de gendarmes avaient alors été
déployés au sol avec l’appui de deux hélicoptères, dont un Caracal.
La France dispose par ailleurs d’un
important dispositif militaire consacré à la lutte contre l’orpaillage illégal
en Guyane. Environ 500 militaires français sont engagés sur terre, sur l’eau et
dans les airs en soutien aux opérations de lutte contre cette activité illicite
que des factions
armées brésiliennes tentent de contrôler.
Côté brésilien, les forces armées
conduisent également des opérations dans la zone frontalière. Début août,
l’opération Ágata
Amazônia Oriental a notamment renforcé les patrouilles terrestres,
fluviales et aériennes entre l’Amapá et la Guyane française. Les militaires
brésiliens ont alors identifié un site d’orpaillage illégal à l’embouchure du
rio Marupi.
Ces éléments montrent que les opérations
contre l’orpaillage sont bien une réalité dans cette région. Ils ne permettent
toutefois pas, à eux seuls, d’attribuer précisément la séquence virale à une
unité française ou brésilienne particulière.
Une confusion avec l’actualité ivoirienne
En Côte d’Ivoire, la lutte contre
l’orpaillage illégal s’est effectivement intensifiée en août 2026. La
gendarmerie ivoirienne a annoncé avoir démantelé sept sites et interpellé 35
personnes dans la sous-préfecture de Saïoua le 19
août.
D’autres opérations ont été menées dans
différentes régions du pays. Dans la forêt classée de Diambarakro,
dans l’Indénié-Djuablin, une opération conduite dans la nuit du 21 au 22 août a
notamment abouti à l’interpellation de cinq personnes et à la destruction de
plusieurs installations utilisées pour l’orpaillage clandestin.
La gendarmerie
ivoirienne avait par ailleurs recensé, entre janvier et juillet 2026, 1.114
sites d’orpaillage illégal déguerpis et 1.531 personnes interpellées, selon un
bilan relayé par la presse ivoirienne. Cette multiplication des opérations en
Côte d’Ivoire constitue donc un contexte réel, mais elle ne change pas
l’origine de la vidéo.
La vidéo montrant une opération
héliportée contre des orpailleurs n’a pas été tournée en Côte d’Ivoire,
contrairement à ce qu’affirment plusieurs publications sur les réseaux sociaux.
Les images étaient déjà disponibles sur internet fin juillet 2026 et sont
associées à une opération menée dans la région amazonienne, à proximité de la
frontière entre le Brésil et la Guyane française.
La Côte d’Ivoire mène bien, de son côté,
une campagne soutenue contre l’orpaillage illégal, notamment depuis le début du
mois d’août. Mais aucun élément vérifié ne permet de relier cette vidéo à une
opération ivoirienne.