Cancer en Afrique de l’Ouest : Abidjan s’arme et vise le leadership régional
Quand Dominique Ouattara a coupé le ruban de l’Institut Européen de Cancérologie (IEC) à Bingerville ce jeudi 25 juin, elle a aussi symboliquement tranché dans le chiffre le plus lourd qui pèse sur la santé publique ivoirienne : 21.300 nouveaux cas de cancer diagnostiqués chaque année dans le pays, et près de 14.000 décès liés à cette pathologie.
La Première dame de Côte d’Ivoire a
présidé la cérémonie qui ouvre les portes de ce centre spécialisé en présence
de membres du gouvernement, de diplomates, de spécialistes de santé et de
représentants d’associations de patients. L’IEC s’installe dans la ville de
Bingerville, aux portes d’Abidjan. Il vient s’imbriquer comme une pièce
maîtresse dans le dispositif national de lutte contre le cancer. Depuis
plusieurs années, les autorités ivoiriennes s’emploient à consolider et
moderniser l’offre de prise en charge du cancer.
L’Institut Européen de Cancérologie d’Abidjan
est doté d’équipements de dernière génération répondant aux standards
internationaux. Il dispose notamment d’un accélérateur linéaire Varian Halcyon
IGRT-VMAT destiné à la radiothérapie de haute précision, d’un scanner de
simulation de dernière technologie ainsi que d’une unité moderne de
chimiothérapie.
Ces technologies, encore rares en
Afrique subsaharienne, représentent un saut qualitatif considérable pour les
patients qui, jusqu’alors, devaient souvent s’orienter vers l’étranger pour
accéder à des traitements comparables. L’ouverture de l’IEC permettra de
réduire les délais de prise en charge et de limiter les évacuations sanitaires
vers l’étranger.
Prenant la parole lors de la cérémonie,
la Présidente de la Fondation Children of Africa a souligné que l’IEC constitue
une réponse concrète à la nécessité d’améliorer l’accès aux soins spécialisés
tout en réduisant les inégalités face à la maladie. Sa prise de position
publique devant l’assistance fut sans ambiguïté : « aujourd’hui en Côte d’Ivoire,
le cancer peut se soigner et il est possible d’en guérir ».
Le ministre de la Santé, de l'Hygiène
publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre Dimba, a inscrit cette
inauguration dans la vision présidentielle d'un pays doté d’infrastructures
sanitaires de premier rang. Pour les autorités sanitaires, ces investissements
traduisent la volonté du Gouvernement de faire d'Abidjan un véritable pôle
médical d'excellence en Afrique de l'Ouest, capable d'offrir aux populations
des soins spécialisés de qualité conformes aux meilleurs standards
internationaux.
L’IEC, un maillon dans la lutte contre
le cancer
L’Institut Européen de Cancérologie (IEC) ne surgit pas de nulle part. Il vient renforcer un dispositif national de prise en charge du cancer déjà considérablement consolidé par l’État. Ce dispositif de lutte contre le cancer comprend déjà le Centre National d’Oncologie Médicale et de Radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO) de Cocody. A ces deux premiers pôles médicaux va s’ajouter prochainement le Centre National de Radiothérapie, d’Oncologie Médicale et de Médecine Nucléaire (CNROM) de Grand-Bassam.
Le CNROM sera doté d’un
PET Scan (tomographie par émission de positons, ou scintigraphie TEP) l’un des
examens d’imagerie fonctionnelle les plus performants en oncologie. Cet équipement
en particulier permettra de renforcer les capacités de la Côte d’Ivoire à
réaliser des diagnostics précoces.
La cérémonie a été marquée par un moment
humain saisissant. Des patients et d’anciens malades ont pris la parole pour
saluer la qualité de l’accompagnement médical, tout en appelant à renforcer les
dispositifs d'aide financière pour les populations les plus démunies. Ces
témoignages et cet appel du cœur rappellent que les équipements les plus
sophistiqués du monde ne sauraient suffire si les portes de l’accès aux soins
restent fermées pour ceux qui en ont le plus besoin.